Les Desastreuses Aventures des orphelins Baudelaire. Si tu es fan de cette série de romans écrits par l’auteur américain Lemony Snicket, tu sais sûrement déjà que le tome final, intitulé La Fin (ça tombe bien !), sort ce mois-ci.
D’autre part, si tu ne connais pas, un seul conseil : rue-toi sur les 13 bouquins qui composent cette grande histoire géniale. Et reviens ensuite lire cet article. Car pour dire au revoir en beauté aux Orphelins Baudelaire, j’ai posé quelques questions à Rose-Marie Vassallo, la traductrice qui a travaillé sur leurs livres depuis le tout premier.
Et voici ses réponses, dans la suite de la note.
Rose-Marie Vassallo, vous traduisez les Aventures des orphelins Baudelaire depuis le début. Ça doit vous faire tout drôle d’arriver à la fin !
Rose-Marie Vassallo : Ah oui ! D’autant que j’avais vraiment un attachement particulier à cette série. Dès le début, j’ai accroché. J’adorais l’idée qui y était défendue : « il ne faut jamais se fier aux apparences ». J’ai eu une petite baisse au tome 4, j’ai eu peur que ça devienne lassant, que l’auteur tourne toujours la même manivelle, mais c’est reparti au tome 5… et ça ne s’est jamais démenti depuis ! Au fil des pages, j’ai appris à aimer les personnage, Violette, Klaus et Prunille. Du coup, j’ai le cœur gros de les laisser…
Vous aviez un personnage préféré ?
R-M. V. : J’aime beaucoup Violette. Sans doute parce que, comme c’est elle la plus âgée, c’est sur ses épaules que pèse le plus de responsabilité. Mais je ne peux pas résister au charme de la petite Prunille… En fait, je les aime tous les 3 d’un bloc. Ils ont compris une donnée qui pour moi est essentielle : dans la vie, l’important c’est d’avoir quelque chose qu’on aime. Ils se disent qu’ils pourraient être heureux n’importe où, avec 2 ou 3 personnes aimées, plus leur passion. Il faut trouver ce pour quoi on est doué. Pour Violette c’est les inventions, pour Klaus la lecture, et pour Prunille la cuisine. Pour cette raison, je suis très touchée par ces 3 enfants.
Combien de temps avez-vous mis pour traduire ce dernier tome des aventures des Orphelins ?
R-M. V. : D’abord, je l’ai lu entièrement, et j’ai attendu 15 jours, le temps de le « laisser descendre » en moi. J’ai fait la liste des choses qui allaient me poser des problèmes pendant la traduction. Puis, j’ai commencé le travail proprement dit, qui m’a pris deux mois. Et enfin, je me suis relue, encore et encore, pendant deux bonnes semaines. Le résultat est sûrement imparfait, parce que c’est « une » traduction, la mienne. Il n’existe pas de traduction parfaite. Si des lecteurs et des lectrices de D Lire parlent assez bien anglais, je leur conseille d’ailleurs vivement de lire les livres en version originale : ils découvriront sûrement pas mal de différences !
Vous avez aimé ce dernier tome, La Fin ?
R-M. V. : Ah, énormément ! Ce que j’ai aimé, surtout, c’est qu’à la fin de La Fin, on se retrouve avec plus de questions que de réponse. D’ailleurs, il faut prévenir les lecteurs : s’il s’attendent à avoir toutes les clés des mystères, dans un premier temps, ils risquent d’être déçus ! C’est seulement plus tard qu’ils se rendront compte de tout ce qu’ils ont appris au long de ces 13 tomes, de leur profondeur. Ces aventures, c’est une vraie richesse, c’est un cadeau que nous fait Lemony Snicket : il ne nous prend pas pour des idiots, il nous laisse réfléchir et imaginer ce qu’il ne dit pas. Ça, c’est beau !
Pour finir, avez-vous une anecdote sur les Orphelins ?
R-M. V : Quand j’ai commencé la traduction du premier tome, quelque chose m’a chiffonnée : en anglais, la plus jeune des Baudelaire s’appelle Sunny. Je trouvais ça vilain, ça me faisait penser à une marque de liquide vaisselle ! Alors j’ai inventé le nom de « Prunille ». Et il y a quelque temps, j’ai reçu une lettre d’un jeune papa qui avait tellement aimé ce prénom qu’il l’avait donné à sa fille ! J’ai trouvé ça très chouette, et j’espère qu’elle va avoir une longue et belle vie !
Propos recueillis par Florent Maurin.