Dans les Zactus du DLire d'octobre, nous te présentons une trilogie bien sympa : Océania, par Hélène Montardre. Après avoir frémi en suivant cette aventure écologique, nous avons eu envie d'interroger son auteure. Heureusement, nos moyens de communication ne sont pas coupés comme dans son récit ! Sinon, jamais nous n'aurions pu faire cette interview. Ouf !


Votre histoire est très visuelle : une digue géante dressée dans l'océan Atlantique, la France recouverte de neige, des bateaux pris dans les glaces... Est-ce qu'il y a une image en particulier qui vous a servi de point de départ ?
C'est plutôt une accumulation d'informations et d'images sur les effets du changement climatique. Et puis des paysages comme les grandes plages de la Baie de Somme, les réserves d'oiseaux, les forêts du Massif Central... C'est aussi l'observation de ce qui est en train de changer autour de nous. Je me souviens par exemple de la tempête de 1999 [une tempête qui a fait beaucoup de dégâts en fin 1999 : habitations, routes, forêts... ].
Est-ce que vous vous inquiétez pour notre planète comme Flavia, votre héroïne ?
Complètement oui ! Mais on dit toujours qu'il faut s'inquiéter « pour la planète ». C'est un peu une idée fausse, car la planète était là avant nous et restera après nous ! La vraie question est : « est-ce que les conditions pour que les hommes y vivent seront toujours là ? ». Il faut donc penser à nous. Veut-on continuer à tout détruire ou allons-nous faire quelque chose ? En cas de catastrophe écologique, cela aura surtout des conséquences pour nous les humains. La planète, elle, continuera son parcours même si l'être humain disparaît.
Pensez-vous qu'à l'image de votre roman, nous n'entendons pas les mises en garde de la nature ?
Il faut que chacun prenne le temps de regarder autour de lui tout simplement. C'est aller au-delà de ce qu'on nous donne comme information.
Au cours du récit, Flavia rencontre des scientifiques qui lui expliquent ce qu'il se passe. Comment avez-vous réussi à rendre ce discours crédible ?
Je ne suis pas du tout scientifique, alors j'ai passé beaucoup de temps à me documenter. Ensuite j'ai commencé à écrire mon récit avec les éléments que j'avais rassemblés. Quand j'ai eu des questions sans réponses, j'ai demandé à rencontrer des spécialistes. Par exemple, j'avais besoin que les personnages arrivent à communiquer rapidement à travers le monde. J'ai pensé aux sternes migrateurs [des oiseaux], alors j'ai contacté un ornithologue, un spécialiste des oiseaux. Autre exemple : c'est un chercheur de Météo France qui m'a expliqué que l'océan, en cas de fonte des glaces, ne monterait pas partout de la même façon.
Est-ce que vos lecteurs vous parlent beaucoup de cette histoire ?
Le fait que ce soit un roman d'aventure et qu'il y ait tout un questionnement sur la nature, cela interpelle énormément les jeunes. Et puis, c'est une trilogie avec un petit côté fantastique : Flavia a un rapport spécial avec les oiseaux. Cela plait beaucoup.
Un grand merci à Hélène Montardre. Je l'ai contacté plusieurs fois au sujet de cette interview. La première fois, elle m'a demandé de patienter pour qu'elle termine de cuire ses confitures. J'ai pensé : « Si sa confiture maison se déguste comme sa trilogie, elle a intérêt à placer ses pots dans l'étagère du haut, sinon tout le monde voudra goûter ! »
Propos recueillis par Laure-Elisabeth.