Bruno Chevrier, alias Nob, le «père» de Mamette (notre coup de cœur de mars), et de Grompf, a bien voulu répondre aux questions de D Lire.

D Lire : Comment t’est venue l’idée de Mamette ?
Nob : Je voulais prendre un peu le contrepied des séries dites « jeunesse », en prenant comme personnage principal une personne âgée au lieu d’un enfant. L’idée m’est venue dès mes débuts dans le magazine Tchô ! , mais il m’a fallu plusieurs années pour mûrir le personnage. C’est quand j’ai eu des enfants, et que j’ai senti le besoin de parler des différentes générations, de la place de chacun au sein de sa famille que j’ai trouvé le ton juste.
Quelqu’un te sert-il de modèle ?
C’est un peu un mélange de plusieurs personnes. Je me suis inspiré de ma grand-mère pour certains traits de caractère et surtout pour la base chronologique du personnage, en me basant sur les événements de sa propre vie. Ensuite, j’y retrouve aussi sa propre mère, mon arrière-grand-mère donc, qui avait un sacré caractère et vivait dans une petite maison de ville, comme Mamette. Je nourris également le personnage par l’observation et l’écoute de mon entourage. D’une manière générale, il y a beaucoup d’éléments familiaux et personnels, dans Mamette. Ainsi, Choupinet, son fils, est inspiré de mon propre père, mais c’est juste pour me donner une base ! Le personnage de papier vit ensuite peu à peu sa propre vie.
Mamette a un côté très «enfant». Grandira-t-elle un jour, comme ses amies se le demandent ?
Je ne crois pas, au contraire. J’ai l’impression que c’est une coquille que Mamette se crée pour se protéger du monde. Elle n’est pas si innocente que ça, on voit parfois au détour d’une page une certaine fragilité, et son innocence masque une forme de mélancolie qu’elle ne veut pas imposer aux autres. Je pense qu’elle n’a pas toujours vécu des choses faciles, et que l’âge venant, elle préfère ne voir que le bon côté de la vie.
Ne donnes-tu pas de la vieillesse une image un peu trop gentille ?
C’est Mamette qui est gentille, mais son entourage n’est pas très facile, ni très agréable. Tout le monde râle, a des problèmes de santé, ne pense qu’à son nombril ou se rend compte qu’il est passé à côté de sa vie. Non, vraiment, je ne crois pas que le portrait soit si idyllique que ça ! D’ailleurs, chaque génération en prend pour son grade, mais avec le sourire. Mon but n’est pas d’être méchant, mais de me moquer des défauts de chacun.
Tout le monde l’appelle Mamette ou madame Mamette. Est-ce son vrai nom ? Si non, saura-t-on un jour comment elle s’appelle ?
Non, Mamette est son nom de mamie ! On l’a appelé comme ça quand elle devenue grand-mère. Depuis, tout le monde a adopté ce surnom. Mais je suis en train d’écrire Les souvenirs de Mamette, le début d’une nouvelle série qui racontera l’enfance de Mamette dans les années 30, à la ferme. On connaîtra à cette occasion son vrai prénom !
Sais-tu déjà de quoi parlera le prochain album ?
Il y a de fortes chances que la situation familiale de Choupinet soit une des thématiques du prochain album de Mamette. A l’occasion, on en apprendra plus sur sa femme et ses enfants. Je vous promets des surprises et de nouveaux personnages en perspective !
Les bulles de Maxou ont des lettres en gras. Qu’est-ce que ça signifie pour toi ?
C’est le côté accidenté de sa façon de parler, une manière de montrer la brutalité de son langage : il bute sur les mots, sur son élocution. Mais entre les tomes 1 et 3, ce qui correspond à l’année qu’il a passée au contact de Mamette, son langage s’adoucit et son caractère également. Il a mûri.
Ta BD donne une vision très positive de la vie. Est-ce la tienne ?
Je donne une vision positive, parce que je trouve que c’est un état d’esprit plus constructif. Mais, certains lecteurs me disent aussi qu’en lisant derrière les bulles, ils trouvent le propos parfois assez acide. Cela me correspond : je suis une sorte d’optimiste angoissé.
Laquelle de tes BD préfères-tu : Grompf ou Mamette ?
Je me retrouve dans les deux. J’écris Grompf pour l’enfant que j’étais, en replongeant dans mes sensations d’enfance. Et j’écris Mamette pour l’adulte que je suis devenu, qui regarde le temps passer.
Mamette, tome 3, Colchiques, par Nob.
Propos recueillis par Benoit Marchon.







bon, c’est un peu tard pour le concours, mais je vais l’acheter je pense.
Mamette a l’air très drôle et je suis d’accord avec Mybrooke pour le concours.
J’adorerais avoir un exemplaire d’un Mamette.
Faites-vous un concours pour que je puisse en avoir un ?
Merci à la Rédac’
pour l’instant ce n’est pas prévu, mais je vais parler de ton idée…