Marc Simonetti illustre le roman qui va paraître en avril 2009, dont le titre sera » le grand départ ». C’est un récit de science-fiction de Christian Léourier qui parle d’un Monde fermé, et le héros va découvrir ce qu’est la réalité dans le monde exterieur, le vrai monde.

DLire : Aimez-vous illustrer des récits de science-fiction ?
Marc Simonneti : Oui. D’un point de vue artistique, ils ont l’avantage de toujours permettre une liberté sans égal. Il y a en effet une infinité de possibilités à représenter des mondes qui n’existent pas encore. Le défi étant d’apporter la part de rêve qu’ils suscitent tout en leur donnant assez de réalisme, pour que le spectateur, le lecteur puisse s’y projeter.
Est-ce le genre de récit que vous préférez ? Si non, quels sont-ils ?
J’aime la littérature en général, je dévore en moyenne 3 livres par semaine, autant de la science fiction, que de la fantasy, du fantastique, des classiques, des romans policiers. Les bons récits sont présents dans tous les styles, bien heureusement ! J’apprécie énormément la science fiction cela dit, car c’est avec ce genre que j’ai commencé à aimer la lecture ( avec « Niourk » de Stefan Wul), par la suite j’ai découvert Dan Simmons avec Hypérion, Frank Herbert avec « Dune », Phillip K Dick, Isaac Asimov, et plus récemment Neal Asher et China Miéville, que j’ai eut la grand chance d’illustrer.
Etes-vous engagé sur la question de l’environnement ? Est-ce un sujet qui vous touche ? Ou qui vous inquiète ? Ou Qui vous met en colère ?
Je me sens très concerné par la question de l’environnement, car c’est peut être le problème majeur auquel doit aujourd’hui faire face l’humanité. Toutes les études scientifiques démontrent que nous sommes au pied du mur, et qu’il faut dés maintenant prendre la responsabilité de changer nos comportements pour simplement avoir un avenir. Le futur de nos enfants m’inquiète, depuis la disparition des espèces animales et végétales, jusqu’à la pénurie des matières premières, qu’allons nous laisser derrière nous? Ce qui me met en colère est peut être plus ce que le comportement des pays privilégiés inflige aux peuples des pays les plus pauvres. En effet, les plus exposés aux conséquences de la surexploitation industrielle et de la surconsommation sont avant tout les plus pauvres et les plus défavorisés. Les dérèglements climatiques génèrent des vagues de sècheresse, des cyclones, des tsunamis, et tant d’autres catastrophes naturelles qui menacent les populations les plus faibles.
Quel effet vous a fait ce récit ?
J’ai trouvé ce récit très juste, et complètement en adéquation avec l’actualité. Il met bien en avant une certaine dérive de notre société en l’adoucissant quelque peu, grâce à une certaine touche d’espoir et au fait qu’il s’agit de science fiction.( même s’il ne faut pas aller bien loin pour trouver des gens réduits à fouiller dans les poubelles pour survivre, et que les abeilles sont déjà en voie de disparition, par exemple)
Observez-vous toujours la même technique pour illustrer des histoires ou en changez-vous en fonction justement du récit ?
Je garde toujours un peu la même façon de faire, mais j’essaye de toujours avant tout de chercher ce qui mettra le mieux en valeur ce que j’ai perçu d’un récit. Dans ce cas, dans la mesure où le récit amène à une certaine prise de conscience du lecteur, j’ai pensé qu’un traitement réaliste serait plus approprié pour appuyer les mots de l’auteur. J’ai également utilisé une certaine de dose de noirs dans mes couleurs pour la deuxième partie de l’histoire, ce que je ne fais que rarement car cela un apporte un aspect un peu sale aux images, ce qui là était justifié.
Avez-vous une anecdote sur l’élaboration de la mise en images de ce récit ?
L’élaboration des illustrations s’est faite de façon assez naturelle. Le texte est fort et permet d’aller assez loin dans le design des images. Pour le début du récit, je me suis appuyé sur mon expérience dans le jeu vidéo pour créer un monde relativement aseptisé mais qui en mette plein la vue et pour la seconde partie, j’ai juste pris en référence les favellas et les bidon ville que l’on peut trouver partout dans le monde, ces images portent en elles les concepts de misère et de courage. La seule vraie anecdote est peut être que j’avais au départ réalisé l’image de l’attaque des gueux avec ceux ci chevauchant des espèces d’autruches mutantes, mais l’équipe de Dlire a justement fait remarqué que cela rendait trop fantastique par rapport au contexte. J’ai donc remplacé les autruches par des chevaux, et effectivement cela a apporté un impact qui n’y était pas.
Vous êtes-vous posé des questions ? Avez-vous eu des doutes sur la meilleure façon de les concevoir ?
Oh oui, quelque soit l’illustration, je me pose toujours des tonnes de questions. Est-ce possible? Est ce réaliste? Quel serait le meilleur éclairage? la meilleure composition? Chaque illustration n’est qu’une solution parmi tant de possibilités, et aujourd’hui si je recommençais, je ne referais surement pas les mêmes illustrations, simplement parce que je fais toujours ce qui me semble le mieux sur le moment.
Montrez-vous vos dessins à vos proches quand ils sont finis ?
Oui, j’ai tendance à toujours l’avis de mes proches, et notamment celui de ma femme. C’est indispensable pour se donner un peu de recul vis à vis de son travail.
Avez-vous des enfants ? Qui peut-être montrent des prédispositions au dessin ?
Non, aucun enfant pour le moment ! Quant à la prédisposition au dessin, je pense sincèrement qu’il s’agit juste d’une passion. Plus on aime ce que l’on fait et plus on s’y implique/s’applique. Si l’on veut progresser quelque soit le domaine, rien ne vaut le travail.
Avez- vous un maître à qui vous avez envie de ressembler ? Qui vous guide ? Qui vous inspire ?
En illustration, j’ai effectivement un maitre qui s’appelle « Sparth », alias Nicolas Bouvier, qui m’insipirait déjà avant que je ne devienne professionnel et qui est par la suite devenu un ami. Il y a également beaucoup d’artistes talentueux qui m’inspirent chaque jour dont Aleksi Briclot, Jea-Sébastien Rossbach, Benjamin Carré, Craig Mullins, ou encore Georges Hull parmi tant d’autres…A ce niveau internet est une vraie chance, il nous offre l’opportunité de découvrir le talent de milliers de grands artistes chaque jour.
Quand vous travaillez, avez-vous des manies ? des besoins ? pour que l’inspiration soit au rendez-vous ?
Je n’ai pas vraiment de manies, ni de besoin. J’essaye de toujours me documenter avant d’attaquer une illustration afin d’avoir des bases solides qui me permettent de me concentrer sur la partie purement artistique de mon métier. Un complément indispensable à mon métier est d’alimenter mon cerveau en « matière », c’est pour cela que je lis énormément, que j’ai toujours les yeux grand ouverts en sortant de chez moi, que je regarde les informations tous les jours, et que j’écoute de la musique en continu…Un conseil que m’a donné mon « maitre » est que pour
avoir de l’inspiration il faut avant tout se faire plaisir, et je le vérifie tous les jours !!! Si tu veux voir d’autres illsutrations de Marc, va faire un petit tour sur son blog ! www.marcsimonetti.com







Personne ne poste de commentaires ! Savez vous pourquoi ?
Le titre du roman donne envie et je veux devenir illustratrice plus tard.